NOTRE PROJET En 2003, les viticulteurs des communes de Cuers, Pierrefeu et Puget-Ville se sont engagés dans le processus de hiérarchisation des vins « Côtes de Provence », piloté par le Syndicat de Défense des Vins Côtes de Provence (SDVCP). Ils souhaitent que la typicité de leur vin soit reconnue officiellement à travers la dénomination de terroir « AOC Côtes de Provence – Pierrefeu ». Pour ce faire, ils se sont regroupés en association (l’association de Vignerons de Cuers - Pierrefeu - Puget-Ville) en septembre 2003 et ont engagés les premières réflexions autour de ce projet structurant. Cette association compte aujourd’hui, 29 membres dont 3 caves coopératives parmi les 10 plus importantes du département (Cuers, Pierrefeu et Puget Ville) et 26 caves particulières sur 6 communes (Cuers, Pierrefeu, Puget-Ville, Solliés-Pont, La Crau et Carnoules). Le recrutement d’un technicien, a permis de poser les bases de ce projet et de finaliser la rédaction du dossier de demande de reconnaissance en AOC « Côtes de Provence – Pierrefeu ». Concrètement, les actions qui sont en cours de réalisation, devront permettre l’obtention de la dénomination de terroir « Pierrefeu », le développement du tourisme viticole, le renforcement de la commercialisation locale du vin, l’émergence et la concrétisation de projets de développement agricole locaux et la mise en place d’un lieu de vente et de promotion collectif ouvert à l’ensemble des agriculteurs. La démarche d’obtention d’une dénomination de terroir répond en effet à un marché de niche pour lequel les clientèles touristiques et locales représentent le principal débouché. Ce projet a pour origine une étude réalisée par la chambre d’agriculture du Var. Elle a permis d’évaluer les besoins des vignerons et de définir les pistes d’actions prioritaires. Sa réussite est en grande partie conditionnée par la capacité des producteurs à se fédérer. L’événement «Balades Gourmandes » est un bel exemple de succès de ces producteurs à se fédérer. HISTORIQUE « De l’observatoire de sainte croix, le terroir de pierrefeu en forme de cirque apparaît comme niché dans un écrin. On peut alors imaginer les acteurs du temps jadis, équipés des matériels rudimentaires serpentant les chemins. Ils sillonnent au départ les abords du réal ornés de jardins pour retrouver au delà des zones humides la vigne qui s’installe jusqu'à grimper dans les coteaux inondés de soleil. A la lisière de la forêt des Maures commencent les cultures d’oliviers, d’amandiers ainsi que l’exploitation du chêne liège. Le versant des collines est alors souvent cultivé jusqu’à la cime. Les vestiges romains retrouvés dans le canton sont le signe d’un passé chargé d’histoire. La viticulture et ses métiers connexes ont toujours été une composante fructueuse de l’économie locale. Au cœur de la Provence, le plus ancien vignoble de France, produit le meilleur cru qui soit, sur le terroir de Pierrefeu où la vigne est reine. Vigneron par passion et par héritage, j’ai appris que tous les efforts pour cultiver cette terre généreuse nous apportent une satisfaction infinie. C’est une combinaison heureuse des facteurs climatiques, géologiques et humains qui font que cette terre est riche. Cette combinaison est heureuse mais pas fortuite, car la terre est riche des hommes qui la modèlent et décident ensemble de lui donner une expression pour tirer le meilleur de leur terroir. L’expérience des générations est un capital immense, il est temps de matérialiser cet empirisme. » ALAIN BACCINO (PRESIDENT DE LA CHAMBRE D’AGRICULTURE DU VAR) VICE PRESIDENT DE L’ASSOCIAITON DES VIGNERONS DE CUERS – PIERREFEU – PUGET-VILLE LE PEUPLE CELTO-LIGURE A cette époque, la région est peuplée de Ligures auxquels viennent se mêler les Celtes entre – 900 et – 500 av JC. On parle alors d’un peuple Celto-Ligure qui compense le résultat de sa maigre culture par la chasse et la cueillette dont le fruit de la vigne (vitis vinifera) fait partie. L’ARRIVEE DES GRECS « INTRODUCTION DE LA VIGNE EN PROVENCE » IVème siècle av J.C. – IIème siècle après JC La côte provençale est, très tôt, visitée par des peuples orientaux qui y installent des comptoirs commerciaux permanents. C’est ainsi que vers l’an 600 av JC, un groupe de Grecs venus de Phocée, crée la cité phocéenne : Massalia (actuelle Marseille) qui devient très vite le port incontournable de la côté. Les Grecs installés à Massalia importent la culture de l’olivier et de la vigne qui sont pour eux des productions indispensables. Grâce à l’apprentissage des techniques viticoles enseignées par ces nouveaux colons (taille de la vigne, introduction de nouveaux cépages dits aujourd’hui cépages provençaux), les surfaces cultivées en vignes deviennent rapidement importantes autour des villes. Afin de développer le commerce avec l’Orient, des ports de cabotage sont créés dont celui de Hyères qui permet d’exporter les vins de notre terroir. Les vins de notre terroir possèdent donc déjà une notoriété suffisante pour être exportés et sont d’une qualité telle qu’ils supportent le transport par mer. LA CONQUETE ROMAINE : «UN VIGNOBLE EN PLEINE EXPANSION» IIème siècle av J.C. – 1er siècle après JC La Gaule méditerranéenne passe progressivement sous la domination romaine. Cette conquête est cruciale puisqu’elle fixe les principaux contours de la géographie historique de la Provence médiévale et moderne. En effet, le proconsul Domitius étend la domination de Rome sur un vaste territoire représentant la moitié sud de la France actuelle : la Provincia qui donnera plus tard le nom de Provence. Il crée ainsi un rempart aux invasions. Cette période calme permet le développement de la région et surtout de l’agriculture. De nombreux paysans vont s’installer sur leurs propres terres et vont planter des vignes. On a ainsi retrouvé 19 vestiges d’habitats ruraux avec pressoirs datant de cette époque sur les communes de Cuers (La Foux, la Maure et la Font d’Empose), à Collobrières (Prat de Castel), de la Crau (Philippine, Mesclans, Sigalous, Notre Dame et au Château de la Roquette), à la Valette (Les Condamines), à la Garde (Saint Michel), à Pierrefeu (Château Montaud) et à Puget Ville (Sauronnes, Boucabelle, Le Pigeonnier, Le Canadel, Font Ferrières, la Basse Ruol et la Maïre des Eaux). Au lieu dit Château Montaud à Pierrefeu, l’on peut également retrouver un habitat rural de l’époque romaine ainsi qu’au Jas de Cape où les vestiges encore présents appartiennent à la pars fructuaria d’une ferme. Dans toute la plaine constituant notre terroir, l’on peut retrouver des vestiges romains comprenant amphores et dolium.